Stéphane Servant - La langue des bêtes - Rouergue, 2015 - 443 p. - 15.90€

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Petite vit au fond d'un bois avec son Père et Belle, sa mère. Il y a longtemps, ils faisaient partie d'une troupe de cirque. Il ne reste que le vieux chapiteau, des caravanes avec le vieux lion Franco et quelques artistes. Leur vie paisible est menacée par des travaux qui vont les obliger à partir contre leur gré. Petite est contrainte de se rendre à l'école du village. Ce nouvel environnement l'intrigue, les enfants l'observent bizarrement. L'instituteur, attiré par Belle, essaie de les aider...

Ce roman est tout simplement envoûtant, dans la même veine que "Le coeur des louves". Il mêle thèmes très actuels, mystère, soupçon de surnaturel pour offrir un pavé de 440 pages qui se dévore d'une traite. J'ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, le parcours de Petite que l'on découvre petit à petit, les personnages dont les traits se dessinent progressivement au cours du récit. Mais surtout, on est transporté par la poésie de l'écriture, les sous-entendus qui en disent long, les images suggérées, que d'émotions...

Un ouvrage magnifique pour adultes autant qu'ados. A ne pas manquer !

"Les gens du Cirque étaient comme les Anges de la mine, comme les animaux des bois, comme les nuages, comme les histoires que l'on raconte et que l'on partage. Ils ne connaissaient pas les frontières, ils ne connaissaient pas le temps. Ils étaient le mouvement, le passé et le futur mêlés. On ne voulait pas les entendre, on ne voulait pas y croire et pourtant, pourtant qui peut vivre sans nuages et sans histoires, sans peines et sans amours ?"