Marine Carteron - Les Autodafeurs 3 : nous sommes tous des propagateurs - Rouergue, Doado, 2015 - 360 p. - 14.90€

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Auguste a découvert le plan diabolique des Autodafeurs : détruire tous les livres du monde grâce à des insectes génétiquement modifiés et des photocopieuses. Mais avec sa soeur Césarine et ses amis, il a réussi à voler un boitier qui pourrait contrer le plan de leurs ennemis. Mais à quel prix...ils ont maintenant du sang sur les mains et ce n'est pas si facile à assumer. Et surtout ils ont dû sacrifier le trésor de la Confrérie pour sauver leurs vies. Mais Césarine, Auguste et Néné sont maintenant à l'abri sur l'île de Redonda. Enfin, pas pour longtemps car il semble que les Autodafeurs connaissent leur position. Y aurait-il un traître parmi eux ? Bien décidés à ne pas se laisser faire, les 3 amis, aidés de nouveaux compagnons rencontrés sur place, vont mettre au point un plan pour devancer les Autodafeurs...Césarine qui a plus d'un tour dans son sac, a gardé secrètement un petit carnet espagnol qui contient des renseignements capitaux sur les origines de la Confrérie et le fameux "Livre qu'on ne peut pas lire"...

Comment dire ?

Cette trilogie est...exceptionnelle, géniale, incroyable, bluffante, magnifique, émouvante, surprenante !

Ce tome 3 qui la clôt est une véritable réussite. L'auteur parvient encore à nous surprendre !

Vous trouverez dans ce récit un peu de James Bond ou d'Indiana Jones, des références philosophiques ou religieuses, des conseils de lavage pour du linge particulièrement sale, un mélange d'action, de science-fiction et d'amour .

Avec toujours une Césarine fidèle à elle-même dans ses considérations naives (enfin pas si naives que ça) qui devient la véritable héroine de ce tome 3. Elle vole d'ailleurs souvent la vedette à son frère, pour notre plus grand bonheur. C'est elle qui m'arrachera les larmes (Césarine qui apprend ce qu'est aimer, comment résister...) ou qui me fera sourire...

On fait connaissance avec de nouveaux personnages, Inès qui donnera un peu de fil à retordre à Gus, Rama, spécialiste des statistiques et Shé qui fait un usage un peu particulier de son foulard.

Oui, j'ai rarement éprouvé autant de plaisir de lecture, avec un roman jeunesse. La chute est particulièrement soignée et les explications données font froid dans le dos tant la fiction rejoint la triste actualité du moment. On se dit finalement que les Autodafeurs existent en 2015 et que l'ONU pourrait s'inspirer de ce roman visionnaire pour créer la notion de "crime contre la mémoire de l'humanité".Y aurait du boulot...

Donc :

Une trilogie à ne pas rater, à faire lire aux ados mais aussi aux plus grands, pour continuer à veiller...

Je laisse les mots de la fin à Césarine :

"Faire saigner les gens sans s'en mettre sur son chemisier, c'est possible."

"Ce que voulaient les Autodafeurs, c'était nous réduire à une unique page, une seule et grande page vierge pour imprimer leur toute petite, rachitique et misérable histoire, un conte où l'Homme, en perdant son droit à l'erreur, perdrait la possibilité de se racheter, d'évoluer, de s'améliorer...et serait réduit à rien.

Ils voulaient effacer nos plus grandes richesses, celles qui nous permettaient de grandir, d'avancer, de devenir meilleurs. Ils voulaient gommer nos imperfections, ils voulaient effacer nos différences ; ils refusaient d'attendre que l'Homme devienne lui-même, ils voulaient que nous soyons tous pareils... tous comme EUX ! "